| Chère lectrice, cher lecteur, Vendredi soir aux Vernets, Genève-Servette a battu le HC Bienne 2-1 lors du premier acte de la finale des play-off de hockey sur glace. Il est assez exceptionnel qu'un résultat de hockey, un sport dont nous parlons généralement assez peu, se retrouve dans notre infolettre du matin mais cette finale n'est pas ordinaire. Au-delà de son issue (la première équipe à quatre victoires sera sacrée championne de Suisse), elle est passionnante par ce qu'elle raconte du sport, de l'histoire et de la culture romande. Elle pose tout d'abord la question de l'identité biennoise. A l'heure des avis tranchés et des oppositions manichéennes sur les réseaux sociaux, voici une ville – Biel-Bienne – qui ne veut pas choisir entre ses deux cultures. En creusant le sujet, on découvre combien l'horlogerie a «romandisé» la ville seelandaise. Il a été beaucoup dit que le vainqueur de cette finale sera le premier club romand champion de Suisse depuis Bienne en 1983. Si l'on prend en compte le football, l'autre grand sport d'équipe qui draine des dizaines de milliers de spectateurs des deux côtés de la Sarine, le dernier sacre romand est celui du Servette FC en 1999. C'est un peu moins vieux, mais c'est tout de même au siècle passé. Et là, aussi, les raisons sont passionnantes. Les clubs romands de football et de hockey sur glace ont vécu à peu près la même histoire, dominante d'abord à l'ère des mécènes, du club des 100 et de l'amateurisme marron, puis sacrément secouée lorsque les ligues sportives ont exigé des stades modernes et le passage de l'association à la société anonyme. Ce fut dur toujours, douloureux souvent, scandaleux par endroits. Ce fut long, surtout, avec quelques hauts et beaucoup de bas. Il a fallu apprendre la patience, la modestie, la sagesse, la persévérance. Aujourd'hui, Bienne et Genève-Servette sont au niveau, et quelques autres pas loin derrière. Bonne lecture! | – Laurent Favre | |
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