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Des «Chicanes» pour entraver la destruction des ressources

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Vendredi 23 juin 2023

 

Des «Chicanes» pour entraver la destruction des ressources

Portrait de l'auteur Stéphane Gobbo

– Stéphane Gobbo

La photographe genevoise Elisa Larvego expose à nouveau sa série sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à l'occasion de sa publication par une nouvelle maison d'édition

 

Les images, qui montrent une route au bord de laquelle sont entassés ici des pneus ou des cageots, où traînent là un caddie de supermarché ou une porte de camionnette, ont quelque chose de post-apocalyptique. Sur un bloc de béton, ces trois lettres: ZAD, pour «zone à défendre», comme ce fut le cas à la colline du Mormont, près de La Sarraz, occupée par des militants s'opposant à l'extension de la carrière d'Holcim entre octobre 2020 et mars 2021.

Réalisée par la photographe genevoise Elisa Larvego entre 2013 et 2016, la série Chicanes nous emmène dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, et témoigne d'un combat à l'issue heureuse puisque le projet d'aéroport contre lequel militaient les zadistes, avec l'appui de la population, sera finalement abandonné. A l'invitation du Centre de la photographie Genève (CPG), ces Chicanes avaient été exposées en 2017 aux Rencontres de la photographie d'Arles, puis deux ans plus tard à Genève dans le cadre de la saison estivale du Théâtre de l'Orangerie.

L'esprit de l'Arte Povera

La voici à nouveau visible, dans l'espace d'art Le Labo, en parallèle de sa publication dans un livre petit format coédité par JB Books & Projects, une nouvelle maison d'édition lancée par Joerg Bader. Dans un entretien avec l'ancien directeur du CPG et Elisa Larvego, la philosophe Marie-José Mondzain insiste sur l'importance de ces Chicanes comme la trace visible «d'un événement dont le gouvernement souhaite l'oubli ou la disparition». S'interrogeant sur la notion même du terme, elle compare ces tas aléatoires désordonnés à des œuvres où «se joue une sorte de radicalité qui pourrait faire penser à l'esprit de l'Arte Povera.»

Une chronique: C'est beau mais triste, une ville déserte

De son côté, Joerg Bader insiste sur la première chose qui, dans les clichés, interpelle: tandis que les zadistes sont au cœur de cette nouvelle forme de contestation, on ne voit que ces chicanes faisant office de barricades. Aucune présence de femmes ou hommes, «ce qui correspond vraiment à une décision politique». On revient dès lors à ce qui sous-tend depuis des décennies les fictions post-apocalyptiques, mais aussi dorénavant les rapports scientifiques: à force d'épuiser les ressources, l'espèce humaine est en train de se condamner elle-même.

Elisa Larvego, «Chicanes», Miami Books / JB Books & Projects, 72 pages. Exposition au Labo, Genève, jusqu'au 15 juillet.

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