| Chère lectrice, cher lecteur, J'espère que vous avez passé un bon week-end, et plus si vous avez eu la possibilité de faire le pont. De nombreux sports d'équipe entrent actuellement dans leur phase décisive. Pour le FC Bâle, pour l'équipe de Suisse de hockey sur glace, pour Servette Chênois féminin, c'est maintenant que tout se joue. Mais que veut dire gagner ou perdre? Cette question, Giannis Antetokounmpo l'a retournée à son interlocuteur en salle de presse, après l'élimination des Milwaukee Bucks au premier tour des play-off de NBA. «Vous m'avez posé la même question la saison dernière. Est-ce que vous obtenez une promotion chaque année au boulot? Non, n'est-ce pas? Mais est-ce chaque année un échec? Non. Chaque année, vous bossez en ayant un but en tête. Avoir une promotion ou prendre soin de votre famille, je ne sais pas. Ce n'est pas un échec. Ce sont des étapes vers le succès.» De la même manière, un collectif de sportifs allemands s'est interrogé l'an dernier sur le prix de la victoire. «Voulons-nous sérieusement le succès à tout prix, financé par l'argent public, alors que le sport de haut niveau est aussi façonné par le dopage, la corruption et les abus?» Dimanche, Carlo Ancelotti a refusé de parler de la défaite de son équipe, le Real Madrid, sur le terrain du FC Valence. Il voulait parler de quelque chose de plus grave: les insultes racistes dont a une fois encore été victime son attaquant brésilien Vinicius Jr. En Angleterre, le triomphe de Manchester City, qui vient de remporter la Premier League pour la cinquième fois en six ans, est très décrié. Même si l'équipe de Pep Guardiola pratique un football brillant et souvent irrésistible, les milliards dépensés et les violations présumées dans les bilans financiers ternissent un peu de cette gloire. Aujourd'hui, nous vous invitons à relire les parcours d'athlètes qui, à leur manière, consciente ou non, questionnent également la notion de victoire et d'échec. Une acrobate revenue à ses premières amours, un joueur de tennis qui a pris le temps de mûrir, un président de club qui voulait juste éviter de mettre la clé sous la porte, des volleyeurs qui privilégient leur avenir à la fierté immédiate d'une participation à un Championnat d'Europe, un marathonien lourdement handicapé qui trouve dans la course un moyen d'alléger son existence. Dans leur vision du sport, il n'y a pas de perdant. Bonne lecture! | – Laurent Favre, chef de la rubrique Sport | |
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