| Chère lectrice, cher lecteur, Genève, terre de blocages. L'adage est connu mais il s'est rarement révélé aussi vrai que ces derniers jours. Mercredi soir, l'Association de défense des locataires (Asloca) annonçait fièrement avoir recueilli suffisamment de signatures pour déposer deux référendums contre des modifications voulues par la nouvelle majorité de droite au Grand Conseil sur le mégaprojet PAV. Les changements portent sur la part de propriétés par étage dans les nouveaux immeubles. Pourtant, le projet initial, fruit d'un consensus interpartis, a été plébiscité par le peuple en 2018. Les Genevois sont donc appelés à revoter sur un même sujet, alors qu'ils viennent déjà de s'exprimer sur le plan d'aménagement des Acacias et qu'un autre projet de loi demandant de réduire de façon globale la proportion de logements sociaux est dans les cartons. A droite, la nouvelle majorité parlementaire veut marquer son territoire. A gauche, les défenseurs des locataires qui s'accrochent tant bien que mal à leurs acquis. Et au milieu de tout cela, un projet majeur pour l'avenir de Genève, encore retardé, se retrouve otage du jeu politique. Le lendemain, c'était au tour de l'Aéroport de se bloquer. Les employés de l'entité autonome ne digèrent pas le nouveau plan de rémunération de la direction, approuvé jeudi par le conseil d'administration, et qui prévoit de geler les augmentations de salaire d'une partie des employés. Là aussi, les négociations n'ont abouti à aucun compromis, débouchant sur une grève ce vendredi, qui devrait paralyser le trafic ce matin. Les otages, cette fois, sont les passagers qui se voient privés de leurs voyages tant attendus, alors que les vacances scolaires débutent. Les urnes chauffent, les porte-voix résonnent et les communiqués indignés se multiplient. Pendant ce temps, les pelleteuses se taisent et les avions font du surplace. Sur terre et dans les airs, Genève est bloqué. Bonne lecture! | – Sami Zaïbi | |
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