| Chère lectrice, cher lecteur, J'espère que vous avez passé un bon week-end. Après un dimanche de travail à guetter l'actualité sportive, j'allais éteindre mes écrans quand j'ai eu vent des événements qui venaient de se produire en amont du match entre l'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais, en Ligue 1 française de football. En gros: le car de l'équipe visiteuse a été attaqué par des supporters locaux; l'entraîneur Fabio Grosso a été spectaculairement blessé au visage; la rencontre a été annulée. Ce lundi matin, l'inspiré Vincent Duluc entamait son édito, dans L'Equipe, en assénant qu'«il faut vraiment être des bas du front, des abrutis de concours, pour estimer qu'il n'y a pas assez de haine dans ce monde, actuellement, et que le football du dimanche soir vaut que le sang coule, même légèrement». J'ajouterai cette question: à quel moment et par quelle distorsion de bon sens a-t-on accepté la violence comme composante du spectacle sportif? Car au fond, le cas de l'«Olympico» n'est que l'expression extrême d'un climat plus général. Les supporters des deux camps n'encouragent pas seulement des équipes opposées; ils sont littéralement adversaires. En Suisse comme ailleurs, aux abords des stades, on établit des zones neutres pour que les uns et les autres n'aient pas à se croiser. Comme s'il était acquis, voire naturel, qu'ils en profiteraient pour se foutre sur la gueule. Il y a quelques semaines, je suis allé voir un match de Super League avec un couple d'amis. Leurs deux enfants, tout jeunes, trépignaient de leur première visite au stade. Et puis, en descendant de la voiture, ils ont vu les gendarmes suréquipés présents en nombre pour assurer la sécurité de l'événement. Et l'aîné de demander, avec une naïveté touchante: «Mais papa, c'est la guerre chez nous?» On aimerait lui répondre de ne pas s'inquiéter, que tout est normal, que tout ira bien. Encore faudrait-il en être convaincu. Bonne lecture et bonne semaine! | – Lionel Pittet, journaliste à la rubrique Sport | |
No comments:
Post a Comment
🤔