De Lausanne à Renens, le kaléidoscope fantastique des Urbaines | – Virginie Nussbaum | De vendredi à dimanche, le festival vaudois distillera 55 concerts, performances et expositions gratuits dans des lieux parfois fermés au public. Avec en ligne de mire, des formes émergentes mais toujours accessibles Début décembre, ça fourmille dans les marchés de Noël… et aux Urbaines. Le festival vaudois s'assure qu'on ne s'endorme pas sur son vin chaud en proposant, de Lausanne à Renens en passant par Chavannes, une cinquantaine de concerts, DJ sets, expositions ou performances cette fin de semaine. Son credo? Les esthétiques émergentes, que le rendez-vous met en lumière depuis 1996. Autrement dit, «le festival donne la place aux artistes qui expérimentent, cherchent de nouvelles formes d'expression et captent les langages artistiques de demain», expliquent les codirecteurs Ysaline Rochat et Samuel Antoine, qui partagent leur dernière édition en duo. Prospectant inlassablement dans les petits centres d'art, les lieux alternatifs, les écoles ou même Instagram, le radar transdisciplinaire des Urbaines s'est affûté au fil des ans – et attire désormais des professionnels de Suisse et de l'étranger, venus découvrir des travaux encore montrés nulle part ailleurs. Cathédrale et club de jazz Mais Les Urbaines, c'est un festival pour tout le monde, insistent Ysaline Rochat et Samuel Antoine, qui favorisent les propositions mues par l'émotionnel, le ressenti, les chocs esthétiques. «Ce qu'on programme s'appréhende sans prérequis autre qu'une bonne dose de curiosité. La gratuité permet aussi de s'adresser à des publics non initiés à l'art contemporain.» Et les inviter à (re)découvrir des lieux parfois oubliés, fermés aux visiteurs ou en mutation. Comme l'ex-cinéma Eldorado, point d'orgue géographique de cette édition. «Il ne reste de ce cinéma qu'un squelette, une impressionnante cathédrale de béton dans la Maison du peuple, en plein centre de Lausanne», détaille Samuel Antoine. De quoi résonner avec les thématiques de l'exposition collective qui s'y nichera jusqu'au 10 décembre – l'abandon, la perte, le temps qui file. Autre nouveauté, cette 18e édition pousse la porte des Jumeaux, futur jazz club qui ouvrira l'an prochaine au Flon – les festivaliers le découvriront en avant-première. Quant à l'Espace Arlaud, il accueillera un riche programme vidéo. Au temple de Chavannes, on ne manquera pas samedi la performance de l'Autrichien Paul Ebhart, qui se fera découvreur de sons dans cette église du XIXe siècle, avant que le duo berlinois .Pastoral ne s'empare de l'orgue pour accompagner ses guitares. Pour un récital du genre secoué, rendez-vous à la Salle de Spectacles de Renens où Alex Franz Zehetbauer flirtera samedi après-midi avec l'absurde («il marchera sur le piano!»), avant que ne résonnent les expérimentations ambient et visuelles de la Zurichoise _Pron0ia_. Un kaléidoscope qui n'en finira pas d'éblouir. Les Urbaines, divers lieux de Lausanne, Chavannes et Renens, du 1er au 3 décembre. |
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