Où l'on apprend comment redonner le sourire à un petit garçon malade.
1760. La cour de France est sous le choc : le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XV, vient de tomber malade. Destiné à régner, l’enfant de neuf ans est très aimé de tous pour son intelligence et sa maturité.
Hélas, le voilà désormais privé de ses études et de ses camarades. Préoccupés, ses parents souhaitent le distraire avec un beau cadeau. Et pour cela, ils se tournent vers un certain Jean-François Oeben...
Jean-Martial Frédou, Louis-Joseph-Xavier de France, duc de Bourgogne, 1760, pastel sur papier brun, 40 x 30 cm, Château de Versailles
Jean-François Oeben, Table "à la Bourgogne", 1760, bois avec placage de marqueterie géométrique, dessus de marbre griotte rouge, 92 cm de haut, Musée du Louvre, Paris
Celui-ci n’est autre que le meilleur ébéniste de l’époque. Les parents du duc lui commandent un meuble unique et merveilleux avec lequel le petit garçon pourrait s’amuser.
Oeben se met vite à la tâche pour livrer une table à l’aspect classique. Mais il suffit d’actionner une manivelle pour qu’elle dévoile... une bibliothèque !
Jean-François Oeben, Table "à la Bourgogne" ouverte
Et cette bibliothèque est loin d’être son seul secret. Les tiroirs ? Ils se transforment en véritables meubles. Celui du haut est un abattant de secrétaire qui permet au duc d’écrire. Celui du milieu, quant à lui, forme une table de nuit aux pieds rabattables. Et, parce que le confort compte aussi, le dernier tiroir est en fait un repose-pied.
Oeben a beau adorer réaliser des meubles à mécanismes, il s’est montré particulièrement ambitieux : la complexité de ce projet est un défi pour lui !
Anonyme d'après Franz Xaver Habermann, Motifs "rocaille", 1731-1775, gravure, 20 x 30 cm, Rijksmuseum, Amsterdam
Bien sûr, pour servir la famille royale, Oeben ne lésine pas sur les moyens. Avec ses bronzes aux motifs aquatiques typiques du style rocaille du moment, cette table dite "à la Bourgogne" est décidément un meuble d’exception. D’ailleurs, son succès est foudroyant, au point que l’ébéniste doit la reproduire en plusieurs exemplaires.
Hélas, le petit duc de Bourgogne, qui succombe à sa maladie peu après, n’en profitera pas longtemps. Mais il laissera son nom à tous les meubles à mécanisme du même genre, qu’ils soient ou non réalisés par Oeben ! Décidément, ces tables "à la Bourgogne" cachent bien de nombreux secrets...
Jean-François Oeben, Table "à la Bourgogne", 1761-1763, chêne plaqué d'acajou, montures en bronze doré, imitation de laque japonaise, 82 cm de haut, Metropolitan Museum of Art, New York
"D’un enfant le sourire / Agrandit l’univers". Charles de Leusse
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