A Genève, un ciné-club pour interroger notre rapport à la technologie | – Grégoire Barbey | Les Cinémas du Grütli organisent chaque mois la projection d'un film suivie d'une discussion avec un expert. Objectif: débattre des effets de l'innovation technique sur nos sociétés Aviez-vous déjà songé au fait que La Fiancée de Frankenstein, chef-d'œuvre cinématographique paru en 1935, était un excellent point de départ pour réfléchir au rapport de l'homme avec sa création à l'ère de l'intelligence artificielle? Le film Yves (2019), dans lequel le protagoniste parle à un frigo connecté, est-il le miroir de notre époque? Autant de questions abordées dans le cadre du ciné-club «Technologies et futurs de nos sociétés» organisé par les Cinémas du Grütli, l'Etat de Genève et des institutions académiques. L'événement, qui a lieu une fois par mois, consiste en la projection d'un film suivie d'une discussion citoyenne animée par un expert autour du thème de la soirée. La prochaine projection aura lieu le mercredi 17 janvier à 20h30 avec le film THX 1138 de George Lucas pour aborder le thème de la surveillance de masse. Les institutions académiques partenaires de cette démarche inédite sont l'Université de Genève, l'Institut de hautes études internationales et développement (IHEID), la HES-SO Genève et le Pôle de création numérique. C'est le canton de Genève qui a initié les discussions pour créer cet espace de dialogue, explique Alfio Di Guardo des Cinémas du Grütli. Il ajoute: «Le cinéma est l'un des médiums les plus populaires, et c'est un excellent outil de vulgarisation qui permet de transmettre des idées en jouant notamment sur le registre des émotions.» Un film n'apporte pas de solutions – et ceux qui s'y essaient sont généralement de piètre qualité, assure-t-il. C'est donc une bonne opportunité pour proposer une discussion après le visionnage d'une œuvre qui incite à la réflexion. «Toute technologie est politique et subjective» Jérôme Duberry dirige le Tech Hub de l'IHEID. «Notre école a été fondée en 1927 et s'est focalisée sur les relations internationales, précise-t-il. Dans ce contexte, les évolutions technologiques ont toujours joué un rôle important, notamment dans les rapports de pouvoir.» Sa recherche porte sur les implications politiques présentes et futures de l'intelligence artificielle. Il détaille: «Toute technologie est politique et subjective: elle est le résultat de décisions qui correspondent à une culture, des valeurs, et les intérêts de ceux qui les développent. Le numérique est donc un enjeu profondément démocratique, qui devrait être au service de l'humain. Que faire? Par exemple, en créant des espaces-temps pour que les citoyens puissent former leur opinion sur les enjeux du numérique de manière libre et informée. C'est l'objectif de ce ciné-club.» Une édition pilote a eu lieu en novembre, avec la projection du film Her (2014) afin d'aborder le repli sur soi et l'attachement émotionnel avec la machine. Un franc succès, selon Alfio Di Guardo: plus de 170 places étaient occupées, sur les 198 disponibles. Des projections sont programmées jusqu'en juin. Un bilan aura lieu. Si l'intérêt est au rendez-vous, l'expérience pourrait être prolongée. Ciné-club «Technologies et futurs de nos sociétés». THX 1138, de George Lucas, le 17 janvier 2023 à 20h30 aux Cinémas du Grütli, rue du Général-Dufour 16, Genève. |
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