| Chère lectrice, cher lecteur, Dans sa lettre de démission remise à Emmanuel Macron lundi, Elisabeth Borne a tenu à insister sur le fait qu'elle le faisait sous la contrainte. «Monsieur le président, vous m'avez fait part de votre volonté de nommer un nouveau premier ministre», commence-t-elle avant d'enchaîner: «Alors qu'il me faut présenter la démission de mon gouvernement, je voulais vous dire combien j'ai été passionnée par cette mission.» Une référence à la démission de Michel Rocard en 1991 qui écrivait ceci à François Mitterrand: «A l'heure où il me faut vous présenter la démission de ce gouvernement, je tiens à vous dire combien j'ai été sensible à l'honneur de le conduire.» Toute la presse française affirme que pour la remplacer dès lundi soir, la nomination du jeune et charismatique Gabriel Attal était actée, qu'elle devait être annoncée quand, soudain, la plupart des cadors alliés au camp présidentiel se sont soulevés. Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, Édouard Philippe, François Bayrou, Richard Ferrand et l'influent secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler, le «club des cigares» selon l'expression d'un cadre du parti présidentiel cité par le Figaro, auraient fait savoir leurs réticences. Parmi eux, plusieurs présidentiables issus de la droite voyaient d'un mauvais œil la mise sur orbite de ce jeune héritier potentiel, qui plus est issu de la gauche. Cette fronde rappelle la même mésaventure d'ultime minute qui avait coûté il y a 20 mois le poste à Catherine Vautrin, jugée trop à droite et trop peu expérimentée, ce qui avait contraint le président à se tourner vers… Elisabeth Borne. Mais cette fois, le président a tenu bon et a fini par lâcher sa petite bombe malgré ces nouveaux exemples des psychodrames auxquels peuvent mener les remaniements français, dont la couverture représente une bonne partie des articles que vous pouvez retrouver ci-dessous… Bonne lecture! | – Paul Ackermann, Paris | |
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