| Chère lectrice, cher lecteur, J'espère que vous avez passé un bon week-end. Il était loisible et même tentant de ne le passer que devant sa télévision (ou son écran), tant l'actualité sportive était riche, avec notamment les deux finales de l'Open d'Australie de tennis. Celle des dames, samedi, a été facilement remporté par la Biélorusse Aryna Sabalenka, 6-3 6-2 contre la Chinoise Zheng Quinwen. Celles des hommes, dimanche, a été arrachée par l'Italien Jannik Sinner au Russe Daniil Medvedev, qui remporta les deux premiers sets avant de s'incliner 3-6 3-6 6-4 6-4 6-3. On a dit que la finale dames avait été pauvre et sans surprise, alors que le Sinner-Medvedev de dimanche a permis l'avènement d'un grand champion des années à venir. Mais que ce serait-il passé si la finale messieurs s'était elle aussi jouée en deux sets gagnants? Et bien, l'affaire aurait été réglée en moins d'une heure et demie et on aurait dit que Sinner, trop tendre, n'avait pas le niveau, et que le tennis masculin pouvait se préparer à des années de vaches maigres lorsque Nadal et Djokovic rejoindront Federer à la retraite. Mais Medvedev aurait-il gagné? Non, puisque lui-même aurait perdu en demi-finale contre Zverev, qui avait facilement remporté les deux premiers sets 7-5 6-3. En revanche, le Russe aurait triomphé de Rafael Nadal l'an dernier, 6-2 7-6 (au lieu de 2-6 6-7 6-4 6-4 7-5), tout comme Stefanos Tsitsipas aurait triomphé de Novak Djokovic 7-6 6-2 en 2021 à Roland-Garros (6-3 6-2 6-4 dans les trois jeux suivants pour le Serbe). Cette petite dystopie montre deux choses: d'abord que le format des cinq sets, que les instances songent à sacrifier sur l'autel d'un sport réduits à des highlights, emmène le tennis dans une autre dimension; ensuite que le tennis masculin serait beaucoup plus aléatoire, déséquilibré et décevant - des qualificatifs souvent accolés au tennis féminin - s'il était soumis aux mêmes règles. Bonne lecture et bonne semaine! | – Laurent Favre, chef de la rubrique Sport | |
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