 Chère lectrice, cher lecteur, Cellules surpeuplées, tortures physiques, psychologiques, privation d'eau, de nourriture, humiliation. Dans les colonies pénitentiaires russes, les militaires ukrainiens devenus prisonniers de guerre traversent l'enfer, loin des yeux de la communauté internationale bannie par la Russie des lieux d'internement. Alors, à leur retour, ils ont choisi de témoigner, d'expliquer. Trois d'entre eux – deux hommes et une femme – ont accepté de raconter au Temps leur calvaire et leur sortie de l'abîme, le 21 septembre 2022, à la tombée de la nuit, lors d'un échange de prisonniers hors norme à la frontière biélorusse.
Leurs récits sont difficiles. Mais ils veulent se souvenir, ne jamais oublier «parce que c'est important», nous dit Mariana, médecin militaire. Quelques jours avant son arrestation à Marioupol, Mariana avait envoyé un message à son mari. Elle venait d'apprendre qu'elle était enceinte de quelques semaines. Pendant sa détention, elle a eu très peur d'accoucher d'un petit garçon, après avoir entendu «les cris des hommes qu'on torture». En Ukraine, les familles de détenus expriment leur désespoir et exhortent les organisations internationales à en faire plus.
Cinq jours après sa libération, Mariana a eu une petite fille, Anna.
Bonne lecture!
– Camille Pagella, journaliste |
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