| Chère lectrice, cher lecteur, Mi-juillet, le gouvernement iranien a officiellement annoncé le retour des sinistres fourgonnettes blanches de la police des mœurs dans les rues du pays, pour identifier et punir les femmes qui persistent à refuser de se voiler. Car, à bas bruit depuis le durcissement de la répression, qui a tué plusieurs centaines de personnes dans les manifestations et dans les prisons, après la mort de Mahsa Amini aux mains de la police, les Iraniennes continuent de résister, sourire aux lèvres et cheveux au vent. Au risque de perdre leur emploi, leur place à l'université, leur vie, voire celle de leurs proches, elles vont travailler, faire leurs courses, chevaucher un vélo, danser dans un café ou la rue, sans voile. «Femme, vie, liberté», continuent-elles à clamer. A partir de quand peut-on dire qu'un mouvement a vécu? Ou qu'il a échoué? Que se serait-il passé si les parents avaient défilé avec leurs enfants? Un pouvoir tellement discrédité peut-il encore longtemps tuer son propre peuple? A moins de deux mois de l'anniversaire de la mort de Mahsa Amini, nous vous invitons toute cette semaine à plonger dans l'Iran confronté à une contestation historique. Une culture de la joie de vivre en rupture totale avec celle, mortifère, du pouvoir; un sursaut inédit de la société civile; la diaspora qui s'investit comme jamais; quelles chances les dirigeants iraniens ont-ils d'atterrir un jour devant un tribunal pénal international? C'est le grand historien des relations internationales Mohammad-Reza Djalili, professeur émérite du Graduate Institute, qui a coordonné cette semaine spéciale. Bonne lecture! | – Catherine Frammery | |
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