| Chère lectrice, cher lecteur, J'espère que vous avez passé un bon week-end! Dans la petite sélection d'articles que je vous ai concoctée cette semaine, vous trouverez une interview de Maheta Molango, originaire du Jura bernois et aujourd'hui directeur général du puissant syndicat des footballeurs professionnels anglais. Entre pas mal d'autres choses, il m'a dit une phrase que les dirigeants sportifs feraient bien de prendre en considération: «La génération actuelle n'est pas docile.» Il parlait spécifiquement des joueurs de football, car ce sont eux qu'il représente, mais je crois que l'observation vaut pour tous les athlètes de haut niveau. Longtemps, les sociologues les ont considérés comme une classe singulière, en cela que leur niveau de rémunération semblait totalement déconnecté de leur capacité à agir sur leurs conditions de travail. Autrement dit: ils pouvaient avoir l'argent mais jamais le pouvoir. C'est peut-être en train de changer. Ces derniers temps, on a vu un footballeur (Kylian Mbappé) refuser de se plier à ce que lui demandait son club (le Paris Saint-Germain), en l'occurrence la signature d'un nouveau contrat, être mis à l'écart, tenir bon, et finalement s'en sortir à bon compte – confirmé dans son rôle, sans avoir paraphé quoi que ce soit. Le PSG a fini par reconnaître qu'il avait plus besoin de Mbappé que Mbappé du PSG. On a aussi vu un jeune prodige du ski alpin (Lucas Braathen) tout plaquer du jour au lendemain parce qu'il estimait manquer de respect de la part de son employeur, la fédération norvégienne. Celle-ci peut, peut-être, se permettre de sacrifier un talent, mais pas beaucoup plus. La prochaine fois, c'est sûr, elle négociera plus subtilement. Dans différentes disciplines, comme en tennis, on voit aussi les «grognes» des athlètes se faire plus précises, plus organisées, plus «orientées résultats», pour parler la vilaine langue des relations de travail. Maheta Molango s'exprimait au sujet de la surcharge des calendriers imposés aux footballeurs. Selon lui, ils pourraient être tentés de prendre leur destin en main (et de par exemple refuser d'honorer des sélections internationales) si les différentes instances ne revenaient pas à un peu plus de mesure. A l'avenir, on pourrait imaginer d'autres champs de bataille. Exemple: peut-être écoutera-t-on vraiment les skieurs, qui commencent à râler de commencer l'«hiver» aussi tôt, lorsqu'ils menaceront de ne pas prendre part à des courses en octobre… Une chose est sûre. Les athlètes sont en train de prendre conscience que le business du sport repose sur leur talent et leurs performances, et que s'ils le veulent, le pouvoir, cela constitue un bon argument pour le revendiquer – voire le prendre. Bonne lecture et bonne semaine! | – Lionel Pittet, journaliste à la rubrique Sport | |
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