Détail du plafond de la chapelle de la Vierge Marie, cathédrale Saint-Julien du Mans. Photo : Danielclauzier, 2012
1842, cathédrale Saint-Julien du Mans, Sarthe. Un architecte, embauché pour donner un coup de neuf à la chapelle, s’affaire quand son regard est attiré par les voûtes. De petites taches de couleur apparaissent derrière l’enduit blanc…
En grattant un peu la peinture, c’est la surprise : il tombe nez à nez avec un ange ! Sous l’enduit se cache un grand orchestre de quarante-deux anges musiciens, peints sur les voûtes vers 1370. Mais très vite, ces peintures laissent les chercheurs perplexes.
Plafond de la chapelle, peint vers 1370. Photo : Patrick, 2019
Si certains instruments représentés sont courants au Moyen Âge, tels la flûte ou le tambourin, d’autres s’avèrent plus mystérieux. Un des anges porte notamment… un échiquier. Pas de jeux de société au paradis, cette étrange caisse carrée est en fait un instrument de musique précieux.
Au 14e siècle, les rois en étaient friands, comme en témoignent plusieurs manuscrits médiévaux. Les artistes en jouaient en actionnant des touches placées sur le côté de la boîte. Celles-ci étaient reliées à des cordes cachées à l’intérieur de la caisse. Un ancêtre du piano en somme ! Unique au monde, la peinture du Mans est presque la seule représentation connue de cet instrument disparu.
Détail du plafond. Photo : Jean-Yves Cordier, 2014
Détail du plafond. Photo : Patrick, 2019
Certains anges tiennent aussi des parchemins où l’on peut lire des extraits de chants. Les peintres ont même ajouté des neumes, les ancêtres des notes de musique. Les chercheurs s’escriment à retrouver ce que les anges chantent…
Et à nouveau, c’est la surprise : certains des morceaux figurent dans des manuscrits médiévaux rédigés au Mans, et étaient donc bien joués dans la cathédrale. Quelques-uns, tel le Salve Regina, sont encore chantés aujourd’hui !
Plus de 150 ans après la redécouverte des anges, les recherches des musicologues ont payé. Un spectacle d’illumination est projeté régulièrement sur la façade de la cathédrale : il restitue les anges musiciens jouant de leurs instruments, harpe, cymbales ou cornemuse… sans oublier l’échiquier !
Cathédrale Saint-Julien illuminée pendant la Nuit des Chimères. Photo : Eprt, 2011
Cette semaine, Artips donne rendez-vous à tous les amoureux du jazz ! Joshua Redman, compositeur et saxophoniste, s'arrête avec ses musiciens à Paris pour un concert exceptionnel le lundi 13 novembre.
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