 Chère lectrice, cher lecteur, «Le système de santé suisse n'est actuellement ni gouverné, ni gouvernable»: dans nos colonnes, le ministre neuchâtelois de la Santé et des Finances, Laurent Kurth, n'y va pas avec le dos de la cuillère. Il y a peu, devant son législatif appelé à voter en urgence 2 millions de francs pour désengorger le réseau hospitalier cantonal, il a sonné l'alerte: «Ce n'est que l'entrée. J'ai le sinistre privilège de vous annoncer que la crise dans laquelle nous entrons va vraisemblablement durer une vingtaine d'années.»
Nous l'avons vu dans son bureau au Château, afin qu'il précise les raisons de son pessimisme. En préambule, il rappelle une projection fédérale selon laquelle les coûts de la santé vont passer de 11,3% du PIB en 2019 à 15% en 2050. Soit 1 milliard de francs supplémentaires par an pour la Suisse, 22 millions pour son canton: «Aujourd'hui, personne ne peut payer cela.»
Il détaille ses griefs: «Tout est réglé par la LAMal, qui dépend de la Confédération. Mais bien plus qu'une simple assurance sociale, elle s'est ingérée dans l'organisation même du système, en privant grandement les cantons de leur pouvoir de décision. Nos choix stratégiques sont très régulièrement cassés par des tribunaux et nous sommes condamnés à devenir des organes d'exécution d'une loi fédérale…»
Et d'ajouter: «Nous sommes pris dans un système sans pilote, où les financements sont automatiques et sans limite budgétaire. On le constate à chaque augmentation de primes.»
Une analyse à méditer.
Bonne lecture,
– Alexandre Steiner |
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